Textes réformateurs inédits
Textes réformateurs inédits. Textes réunis et édités par Chrystel Bernat, Études théologiques et religieuses 92 (2017), 352 p. Ce recueil de morceaux choisis constitue autant de scènes politiques et théologiques de la Réformation en marche, que les textes permettent d’appréhender à différentes étapes de son avancée ; à partir de ses premiers énoncés théoriques (Lieux communs des choses théologiques de 1521) et de ses textes fondateurs (67 thèsesde la disputatio zurichoise de janvier 1523), dans ses initiatives les plus audacieuses auprès des représentants de la chrétienté catholique, ici en direction du roi Très Chrétien (Expositio fidei de 1531), là auprès des patriarches Joasaph puis Jérémie II (Confessio Augustana Græca de 1559). Saisie aussi bien dans ses déclarations intimistes que ses partis pris stratégiques (lettres de Cobourg et lettres de réconfort des années 1530-1531) ou ses considérations liturgiques (Bénédiction après la messe de 1532), la Réforme se reflète au miroir de l’émancipation qu’elle revendique (libération des religieuses cloîtrées en 1523 ; requête en faveur du rôle théologique des femmes en 1539), mais aussi des tensions qui la parcourent face à la diversité de ses mouvances et à la déclinaison de ses options théologiques (Dialogue à propos du baptême de 1526).
C’est tantôt en qualité de ministre, de confident et de stratège, tantôt en théologien, exégète ou philologue que l’on surprend les réformateurs à l’œuvre en différents théâtres d’action. Dans l’intimité de l’atelier, à la table d’étude, depuis la chambre ou le devant de la scène polémique, en plein exercice de controverse ou propos consolatoire, aux prises avec les préparatifs de la diète d’Augsbourg ou engagés dans les tractations avec le roi de France et les dignitaires de Constantinople, ils accompagnent l’élaboration de la Réforme en même temps qu’ils en forge la symbolique (emblème de la rose conçu en 1530), participant du dynamisme de la production savante aussi bien que du renouveau des idées, sans craindre de partager leurs tourments.
Rédigés entre 1521 et 1559, ces textes concernent pour l’essentiel les réformateurs de la première génération. De format et d’amplitude variables, ils offrent de considérer la diversité des voix de la théologie réformatrice, magistérielle et radicale, et de présenter l’une des rares plumes féminines qui, en 1539, en appelle avec hardiesse à la contribution théologique des femmes dont le passage à la Réforme interroge les modalités de reconversion des religieuses, et plus fondamentalement la (re)considération de la piété féminine.
Aux sources de la Réforme. Avant-propos de Chrystel Bernat
Philippe Melanchthon
Lieux communs des choses théologiques ou hypotyposes théologiques (1521) – Introduction du livre et chapitre premier. Traduction du latin, présentation et notes de Pierre-Olivier Léchot : À propos de l’enseignement et du libre arbitre
Martin Luther
Raison et justification que des nonnes peuvent quitter leurs couvents en conformité avec Dieu (1523). Traduction de l’allemand, présentation et notes de Pierre Bühler
Huldrych Zwingli
67 thèses pour la dispute de Zurich, le 29 janvier 1523. Déclarations conclusives. Présentation de Chrystel Bernat. Traduction de l’allemand par François Vouga.
Balthasar Hubmaier
Dialogue à propos du livret sur le baptême de Maître Zwingli de Zurich, au sujet du baptême des enfants (1526). Traduction de l’allemand, présentation et notes de Catherine Dejeumont : « Dialogue » dites-vous ? Balthasar Hubmaier et Zwingli
Martin Luther
Lettres de la forteresse de Cobourg (du printemps à l’automne 1530). Traduction du latin et de l’allemand, présentation et notes de Pierre Bühler
Huldrych Zwingli
Exposition de la foi chrétienne (1531). Traduction du latin, présentation et notes de Jean-François Gounelle
Martin Luther
« Que Jésus-Christ vous montre ses pieds et ses mains… ». Trois lettres de réconfort de Martin Luther (1531-1532). Traduction de l’allemand, présentation et notes de Matthieu Arnold
Martin Luther
La bénédiction telle qu’on la proclame sur le peuple après la messe, selon le quatrième livre de Moïse, au sixième chapitre. Commentée par D. Martin Luther (1532). Traduction de l’allemand, présentation et notes de Pierre Bühler
Jean Œcolampade
Préface au commentaire du livre de Job (1532). Traduction du latin (édition de Genève, 1567), présentation et notes de Gilbert Dahan
Sebastian Münster
Extrait de la Préface de la Bible hébraïque (1534) – Qu’il ne faut pas mépriser les commentaires des Hébreux. Traduction du latin, présentation et notes de Gilbert Dahan
Marie Dentière
Défense pour les femmes, fragment de l’Epistre tres utile (1539). Présentation et notes d’Annie Noblesse-Rocher
Paul Dolscius
Confessio Augustana Græca (1559). Traduction du grec, présentation et notes de Jacqueline Assaël : La Confessio Augustana Græca, rhapsodie ambivalente de la Confession d’Augsbourg et de ses variantes
Confessio Augustana Græca. Sa réception orthodoxe au xvie siècle. Postface de Nicolas Kazarian
Table des matières en PDF
29 € (Possibilité de commande en ligne : http://www.revue-etr.org/numero/20171/).
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
AHMUF (24 avril 2017). Textes réformateurs inédits. AHMUF _ Association des Historiens Modernistes des Universités de France. Consulté le 18 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/avu6
